lesdevalideuses - le 13 06 2021

Nous sommes présentes au rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de ville de #Paris pour la #deconjugalisationAAH et nous sommes : en colère 🔥🔥🔥 Le projet de loi initial a été complètement vidé de sens. Nous réclamons une déconjugalisation complète de l'AAH pour l'autonomie des personnes handicapées. Merci à tous·tes les militant·e·s et allié·e·s venus en nombre pour soutenir ce combat 💪 #ObjectifAutonomie Voir le texte de Lili sur notre blog : http://lesdevalideuses.org/blog/je-suis-de-celles/

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lesdevalideuses - le 30 03 2021

Ces derniers temps, nous avons été moins actives sur l'actu que souhaité, mais nous avions une bonne raison ! On travaillait dur sur notre structuration interne. Du coup, on a quelques trucs à vous annoncer ! (Merci à @little_yokai pour cette superbe illustration) ⭐ Nouvelle n° 1 : "Les Dévalideuses" est maintenant une association loi 1901 ! Des statuts, un compte bancaire, nous nous installons pour devenir INDÉBOULONNABLES ! ⭐ Nouvelle n° 2 : Le Manifeste des Dévalideuses. ! Vous commencez maintenant à bien nous connaître, nous et nos positions, mais il était temps de formuler tout cela de façon claire. Vous pouvez lire l’intégralité de ce texte sur notre site web. ⭐ Nouvelle n° 3 : Tout cela nous permet de lancer officiellement une campagne d'adhésion ! Les adhésions sont ouvertes à tous et à toutes, chacun.e aura accès à un Discord dédié pour échanger avec nous et entre membres. ⭐ Nouvelle n°4 : Nous allons bientôt vous proposer une newsletter trimestrielle ! La première arrivera sûrement en juin, on vous en reparle très vite. On a encore plein d'actu chaude dans les tuyaux, mais on en garde pour plus tard... (Et on en profite pour rappeler qu’on ne répond pas aux DM Instagram, pas assez de temps pour ça sorry, si vous voulez nous contacter merci de passer par Twitter ou notre formulaire de contact)

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lesdevalideuses - le 09 03 2021

Clemyx porte la parole des Dévalideuses pour réclamer l'émancipation et l'indépendance financière des personnes handicapées et malades. Pour que les personnes handicapées soient enfin reconnues, non pas comme des objets de soin, mais comme des sujets de droit. ✊ #ObjectifAutonomie #AAH

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lesdevalideuses - le 09 03 2021

Nous sommes présentes avec @actup_paris à la mobilisation devant le Sénat pour exiger la désolidarisation de l'AAH pour les personnes handicapées en couple. #payetonhandicap #AAH #ObjectifAutonomie

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lesdevalideuses - le 22 02 2020

Nous sommes en place ! Retrouvez nous a la Kermesse féministe des Ourses à Plumes, au 40 rue de Montreuil, Paris, chez Bonjour, madame ! Que ce soit pour vous procurer des goodies, discuter où manger quelques bonbons 😁

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lesdevalideuses - le 08 02 2020

Pour fêter la parution du 2ème numéro de leur revue féministe, les Ourses à plumes organisent une kermesse féministe le 22 Février 2020 ! Ca se passera à Paris, à la Féministhèque qui gérée par l'association @HumansforWomen, à la MIE Bastille - 50 Rue des Tournelles, 75003 Paris. La kermesse aura lieu de 14h à 18h. Pour cette occasion nous serons présente pour présenter notre (bébé) collectif et ses ambitions. Histoire de pas arriver les mains vide, on vendra des badges "dévalideuses" ainsi qu'un sticker dessiné par @little_yokai pour l'occasion ! Les stocks sont limités donc si vous en voulez n'hésitez pas à venir en début d'après-midi :) Au plaisir de vous rencontrer !

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lesdevalideuses - le 30 01 2020

Bonne résolution n°30 Je cesse de considérer le handicap... comme un privilège. #JarrêteLeValidisme Oui ça parait absurde asséné comme ça, mais il est un autre cliché qui survit péniblement, c'est celui du soit-disant "privilège" lié au handicap. Alors ce qu'on se demande spontanément c'est "d'où vient ce cliché ?" A quel moment peut-on décemment penser que la vie quotidienne d'une personne handicapée, qu'elle soit autiste, tétraplégique, sourde, dyspraxique ou schizophrène, est faite de privilèges ? On se dit déjà que si les fictions ne nous servaient pas régulièrement le cliché de la personne "lourdement" handicapée, malheureuse MAIS pleine aux as, on n'en serait peut-être pas là. Mais en réalité, quels sont ces soit-disant privilèges que vous nous enviez tant ?... Les "avantages" liés à la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH), et à notre formidable quota d'embauche en entreprise ? En vrai, la RQTH est très loin d'être automatique, elle nécessite de remplir un énorme dossier et d'exposer une partie de notre vie intime à l'administration. Et même avec un handicap à vie, il faut régulièrement renouveler nos droits sous peine de les perdre ! (il semble que cette règle absurde va être révisée, mais on attend de le voir pour le croire...) Pour les études aussi nous sommes discriminés. Locaux inaccessibles, manque de moyens humains et financiers pour nous permettre de suivre nos cursus (quand ça n'est pas un manque flagrant de bonne volonté), difficultés de communication liées à notre handicap... C'est vrai, si on arrive à dépasser tout ça, on pourra éventuellement bénéficier d'un temps additionnel ou d'autres mesures pour passer nos examens. Ou d'accès prioritaires pour certains concours. Une bien maigre consolation quand on sait les difficultés pour arriver jusque là. Ce sont nos minimas sociaux qui vous font rêver ? Savez-vous que l'AAH est encore sous le seuil de pauvreté ? Ou bien, est-ce cette joie d'avoir constamment quelqu'un à nos côtés pour nous lever, nous laver, nous nourrir, et nous transporter ? Ah ça oui on se la coule douce hein.

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lesdevalideuses - le 29 01 2020

Bonne résolution n°29 Je prends en considération les handicaps de mes proches. #JarrêteLeValidisme Dans votre cercle familial, amical ou professionnel, vous côtoyez probablement des personnes handicapées. Notre vécu vous questionne, c'est naturel et plutôt sain. Mais pour vous éviter quelques indélicatesses, laissez-nous vous donner quelques conseils. Déjà, entre nous, quel est le but de votre démarche ? Si vous souhaitez mieux connaître notre handicap afin d'identifier précisément comment nous aider (en cas de crise par exemple), ou simplement pour mieux communiquer avec nous, alors parfait, parlons-en ! S'il s'agit en revanche d'une simple curiosité personnelle "juste pour savoir", abstenez-vous. Nos vies ne sont pas des vitrines, et "c'est quoi ton handicap ?" n'est vraiment pas une question à poser à quelqu'un que l'on vient à peine de rencontrer ! Nous sommes généralement d'accord pour répondre aux questions, tant qu'elles sont franches et non intrusives. Et n'aillez pas peur des mots, rappelez-vous que le handicap n'est pas une chose honteuse ou dégradante ! Il n'y a donc aucun problème à parler de ce que nous vivons tant qu'il ne s'agit pas d'assouvir une curiosité mal placée. C'est parfois même un soulagement de pouvoir aborder simplement le sujet et d'apporter des consignes simples, comme par exemple "articule sans crier pour me parler". Chaque cas est tellement spécifique qu'il vaut mieux questionner directement la personne concernée. Mais attention, nous ne vous devons aucune pédagogie ! Si une personne refuse d'en parler c'est tout à fait son droit. Il nous arrive trop souvent de devoir justifier notre handicap. Retenez l'essentiel, et si vous le souhaitez, rien ne vous empêche de vous renseigner ensuite sur internet. Vous éduquer sur le handicap sans nous faire porter cette charge, voilà ce qui nous soulagerait vraiment !

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lesdevalideuses - le 28 01 2020

Bonne résolution n°27 27. Je découvre l'existence de la crip culture. #JarrêteLeValidisme Tout comme il existe des communautés queers, féministes ou racisées, il existe une vraie communauté handi, qui s'exprime de moins en moins timidement pour faire entendre sa voix. Et cette communauté, dont nous faisons partie, a sa propre culture, qu'on appelle la "crip culture". Les Etats-Unis et autres pays anglo-saxons sont souvent précurseurs dans le domaine des sciences sociales, et c'est là-bas que sont nées les disability studies (études sur le handicap), dans les années 60. Le militantisme handi a vu le jour dans les facs américaines à cette même période. De ce mouvement va découler la théorie appelée "modèle social" du handicap, principal socle du positionnement de nos mouvements handis actuels. Le modèle médical, jusqu'alors dominant, considère le handicap comme l'expérience individuelle d'une défaillance du biologique. Le modèle social, lui, replace le problème sur le collectif : le handicap découle avant tout de l'inadaptation de nos environnements. Et ça change tout ! En France, c'est le CLH (Comité de Lutte des Handicapés), et leur "journal des handicapés méchants" publié dès 1974, qui vont à leur tour porter ces questions sur la place publique et tenter de casser les stéréotypes autour du handicap. Malheureusement, le collectif s'arrêtera en 1980, ne laissant place à aucune relève similaire, et leur parole reste très peu connue du grand public, mais leur empreinte dans la culture handi française reste précieuse et fondatrice. Merci les frangin.e.s ! <3 Il est important de préciser ici que les théories "queer" - comme la déconstruction des identités, la redéfinition du légitime et de l'illégitime, ou le retournement du stigmate - ont eu un grand impact sur l'étude du handicap et la crip culture. Le retournement du stigmate, pour une communauté, c'est se réapproprier les mots stigmatisants proférés à son encontre, pour les valoriser et les revendiquer. Comme le mot "pute" pour les travailleuses du sexe. Pour les personnes handicapées, ça a été de se réapproprier le "crip".

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lesdevalideuses - le 26 01 2020

Bonne résolution n°26 26. Je ne remets pas en question les projets d'une personne handicapée. #JarrêteLeValidisme C'est drôle (non) mais nous personnes handicapées, vivons généralement sous le sceau d'un double standard. Nous sommes souvent "pas assez handicapés" pour recevoir telle aide financière ou effectuer des petites tâches du quotidien, mais en même "trop handicapés" pour mener librement la vie qu'on entend. Un exemple concret ? On est généralement hyper enthousiaste quand un.e ami.e, au détour d'une conversation, nous confie ses projets les plus fous : déménager à Londres, entreprendre une année d'étude au Japon, sauter en parachute, acheter une vieille maison pour la rénover, ou simplement se marier et avoir des enfants. Bizarrement, cet enthousiasme débordant se transforme en interrogatoire angoissé voire outré, lorsque la personne en face est en fauteuil roulant, ou présente n'importe quel autre handicap assez lourd. "Dans ton état ?? Mais comment tu vas faire ? Tu as pensé à ton traitement ?..." Se mettre en couple, fonder une famille, vivre en autonomie, voyager, participer à des activités... sont autant de décisions qui devraient n'appartenir qu'aux personnes concernées. Et d'autant plus dans nos situations. Vous n'avez pas idée de nos quotidiens, nous oui. Et nous connaissons parfaitement nos contraintes. En remettant sans cesse nos projets en question, vous contribuez à nous infantiliser, et à nous déposséder de cette liberté de choix si essentielle à chaque être humain. Et cela se manifeste particulièrement lorsqu'on touche à la parentalité. Il est communément admis que le souhait d'enfant, pour une personne handicapée, est un souhait égoïste, soit parce que notre handicap est génétique, soit parce que nous sommes jugés "trop handicapés" pour élever un enfant. Et les gens ne se privent pas d'exprimer ouvertement leur opinion ! "Est-ce que c'est bien raisonnable ? Tu ne te rends pas compte de l'énergie que cela représente. Et quelle vie pour lui ? Qu'est-ce que tu vas lui dire plus tard ?" Et bien, on lui dira la vérité ! Pourquoi notre handicap serait-il un frein à la parentalité ?

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lesdevalideuses - le 25 01 2020

Bonne résolution n°25 Je considère les aides techniques comme vecteurs de liberté ! #JarrêteLeValidisme "Pauvre enfant, CLOUÉ sur son fauteuil, EMPRISONNÉ dans un corset". On entend souvent ces expressions dramatiques au Téléthon, et elles représentent hélas des opinions bien répandues. Et ohlala, laissez-nous vous dire que ça n'est PAS DU TOUT notre ressenti ! :-D Êtes-vous cloués dans votre voiture ? Dépendants de vos lunettes ? Emprisonnés dans vos chaussures ? Lorsqu'une aide technique fait son apparition (fauteuil, canne blanche, corset, appareil auditif...), elle ne surgit pas de nulle part. Parfois bien sûr, le besoin se fait brutal, urgent, mais beaucoup plus souvent, il fait suite à un cheminement sur des mois ou des années.Pendant tout ce temps, on peine, on fait des efforts immenses pour marcher, communiquer, ou même respirer comme "tout le monde". On veut (se ?) prouver qu'on en en est capables. Il ne faudrait surtout pas céder à la facilité ! Et puis on n'en est pas là. Le matériel technique médical est généralement perçu comme un renoncement dramatique. Le début de la fin, un pied dans la tombe. On entend souvent les valides dire "je ne veux pas finir en fauteuil", "dépendre d'une machine" ou "vivre accroché à des tuyaux". Mais attendez, une aide technique n'est pas une fin, c'est un début ! Quand on accepte enfin de se laisser aider, c'est un soulagement incroyable. Ça change nos vies, ça ouvre des possibles ! C'est pas une régression, c'est un gain brut de confort et de liberté ! Avez-vous déjà vu l'éclat de joie d'un tout petit qui fait ses premiers pas en fauteuil ? Ou qui entend enfin la voix de ses parents grâce à un appareil auditif ? Et le respirateur qui permet à cette meuf de pouvoir travailler et sortir sans se sentir mourir à chaque effort : une régression, vraiment ? L'autonomie ça n'est pas de "pouvoir faire comme tout le monde". L'autonomie c'est parfois juste "pouvoir faire". Souvent les interventions chirurgicales ou prothèses nous sont sont vivement recommandées, du moment qu'elles visent à avoir l'air normal. Une prothèse de jambes ? YAY ! Ça ne voit pas du tout que tu es handicapé !

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lesdevalideuses - le 23 01 2020

Bonne résolution n°23 Je cesse de sur-valoriser l'entourage des personnes handicapées. #JarrêteLeValidisme Contrairement à l’image répandue de la personne handicapée triste et solitaire, nous sommes souvent bien entourés. Nous avons des conjoint.e.s, enfants, ami.e.s, famille, collègues.… Le handicap lui-même est une expérience individuelle qui ne peut jamais être complètement partagée, mais on ne va pas le nier, tout le vécu autour imprègne bien évidemment la vie de nos proches. Déjà très concrètement, le quotidien avec nous nécessite souvent d'être adapté à nos besoins : alimentation, choix d’ameublement, sorties, etc. Et puis il y a les rendez-vous médicaux, les possibles crises physiques ou mentales, les aménagements du temps de travail, et l’inquiétude… Aux yeux de la société, nos conjoints sont souvent considérés comme nos soignants avant d'être de simples partenaires de vie. En public ou en privé, on souligne leur courage et leur abnégation, on chuchote souvent « moi, je pourrais pas avoir une relation avec un.e handi ». Bien sûr ils font des concessions, nous consacrent du temps et de l’énergie. Mais ça n’est pas la base de toute relation ? Vous ne vous adaptez pas à votre conjoint.e qui est vegan, sportif de haut niveau, ou pue des pieds ? Hé oui, l’amour pousse à faire de sacrés efforts ! Parce que bien sûr, il y a de l’amour. Pas juste de la bonté, c'est pas une « vocation » hein. En plaçant nos proches sur un piédestal, en encensant leur dévouement, on oublie qu'il ne s'agit pas d’une relation à sens unique. S’ils sont avec nous, c'est peut-être parce qu'on est des personnes formidables ? ;-) Nous les faisons rire, les aimons, les soutenons. Nous leur rappelons leur rendez-vous, organisons les prochaines vacances, leur faisons découvrir un nouveau livre, écoutons leurs problèmes de boulot, les câlinons. Hé oui, nous sommes finalement bien ordinaires... Mais n’allez pas croire que nous nions la charge de travail que notre handicap leur procure ! Parfois, nos parents ou conjoints se retrouvent à effectuer un emploi H24, rebaptisés alors « aidants familiaux». Ils mettent leur vie de côté et nous donnent toute leur énergie.

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lesdevalideuses - le 23 01 2020

Bonne résolutions n°22. Je signale les personnes handicapées victimes de violences ou maltraitances. #JarrêteLeValidisme Plus encore que les personnes valides, les personnes handicapées (tous âges confondus) sont particulièrement victimes de violences et maltraitances, principalement infligées par l'entourage proche, et parfois même au sein des institutions censées prendre soin de ces personnes. La maltraitance peut être physique, psychologique, financière, médicale ou sexuelle. Ça peut être un parent qui culpabilise et infantilise son ado handicapé, détruisant ainsi sa confiance en lui. Ça peut être un conjoint qui abuse de sa compagne avec des troubles psy, sachant qu'elle est financièrement dépendante de lui. Ça peut aussi être une aide soignante qui néglige son patient alité et le laisse souvent dans des draps souillés parce que son service est en sous-effectif depuis des années. Parce qu'elle renvoie à une diversité de situations, la maltraitance est souvent bien plus complexe à identifier que les cas de violence. C'est simple, si on dispose de quelques chiffres concernant les violences faites aux femmes handicapées, la maltraitance, elle, n'a jamais été clairement évaluée en France, que ce soit en milieu familial ou médicalisé.Le Sénat estime de son côté que le nombre extrêmement faible de signalements (à peine 209 en 2002) constitue le meilleur aveu de la sous-estimation de la maltraitance envers les personnes handicapées accueillies en établissements. Même si nous luttons au quotidien pour combattre les stéréotypes et proposer une image forte des personnes handicapées, dans la réalité, nos faiblesses nous exposent davantage aux violences. Le handicap est d'ailleurs considéré comme un élément de vulnérabilité, d'un point de vue pénal. Lorsque le handicap nous prive de notre liberté de mouvement, de notre indépendance financière, de notre autonomie, de notre capacité de raisonnement ou de nos facultés intellectuelles, nous ne pouvons lutter à armes égales contre les personnes qui nous maltraitent.

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lesdevalideuses - le 21 01 2020

Bonne résolution n°21 21. Je respecte l'espace personnel des personnes handicapées #JarrêteLeValidisme Alors que les Américains prennent systématiquement les gens dans leurs bras, en France le contact physique avec des étrangers ne fait pas vraiment partie de notre culture.Quelqu’un s’assoit trop près de vous, votre voisine se tient toute proche de votre visage pour vous parler, un vague collègue vous fait la bise : vous vous crispez. Mais dans certaines situations, cette barrière semble disparaître, et l'on se sent soudainement autorisé.e à poser la main sur le ventre d’une femme enceinte, toucher les cheveux naturels d’une personne racisée, caresser la joue d’un enfant... ou d’une personne en fauteuil ! Et oui, cette situation nous arrive plus souvent que vous ne croyez ! Quand on est handicapé.e, il n'est pas rare de subir des caresses non sollicitées sur la joue, les cheveux, les bras, ou des gestes qui se veulent protecteurs (bras passé autour des épaules, etc.) Comme souvent, ces gestes sont censés nous soutenir, mais produisent l'effet inverse.  Car derrière cette démarche transparaît un sentiment bien moins flatteur : la pitié. Et même si nous mettons de côté la pitié, ces gestes bien-intentionnés nous infantilisent, et nous dépossèdent de nos corps. Parce qu’avouez-le, la dernière fois qu’un adulte vous a gentiment pincé la joue, vous ne deviez pas avoir plus de 5 ou 6 ans… Et vous n'aimiez probablement pas ça ! Sans compter que souvent, ces gestes s'accompagnent d'une attitude générale : vous allez vous pencher en avant pour nous parler, incliner la tête sur le côté, prendre une intonation plus aiguë, utiliser des mots plus simples... Comme si vous étiez avec un enfant ! Cette attitude est parfois inconsciente, mais pour nous, cela revient au même ! Questionnez vous un instant. Pourquoi changer d'attitude face à une personne en fauteuil roulant, ou une personne avec un handicap mental ? Pensez-vous que nous sommes moins aboutis, moins solides qu’un adulte valide ? Est-ce notre physique, notre apparente fragilité qui vous pousse à cet instinct parental, à cette envie de nous cajoler et de nous protéger ?

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lesdevalideuses - le 19 01 2020

Bonne résolution n°19 Je comprends que le travail des personnes handis n'est pas un passe-temps. #JarrêteLeValidisme Quand on parle travail et handicap, l’idée reçue la plus fréquente est que confier un emploi à une personne handicapée, ça serait un peu lui faire une faveur. Quasiment même un acte de charité, puisque l'employeur embauche quelqu'un dont la force de travail est supposée plus faible que celle d'une personne valide. De fait, lorsque nous arrivons à décrocher un emploi, il n'est pas rare d'entendre "Oh tu as un travail, c'est bien ça va t'occuper, te faire sortir de chez toi !". Comme si cet emploi n'était pas un gagne-pain, mais juste un agréable loisir, un remède contre la vacuité de nos existences. Il paraît donc nécessaire de souligner que le travail des personnes handicapées n'est ni un passe-temps, ni une faveur. Notre réalité est toute autre. Déjà, nos vies sont dirigées par les mêmes contraintes de base que le reste du genre humain. Nous loger, nous nourrir et régler nos factures constituent des impératifs dont nous ne sommes pas exemptés. Les aides financières pour les personnes handicapées étant à la fois difficiles à obtenir et trop faibles pour vivre dignement, le travail est pour beaucoup d'entre nous une vraie nécessité. D'autant que nos handicaps sont généralement source de frais supplémentaires (matériel ou appareillage coûteux, médications, aménagement de notre lieux de vie, etc.) Par ailleurs, même si nous avons la chance de trouver un travail à la hauteur de nos attentes, nos vies restent particulièrement chargées. Pour certains, la gestion du handicap est presque un travail à temps plein : gérer les éventuelles crises, les douleurs, les multiples rendez-vous de santé, etc.Sans compter le temps consacré à nos familles, nos amis, nos VRAIS loisirs, et toutes les contraintes normales d'une vide d'adulte.Et si nous arrivons à trouver le temps et l'énergie de chercher un travail, nous nous confrontons à de nouvelles difficultés.

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lesdevalideuses - le 17 01 2020

Bonne résolution n°16 16. Je participe à la diversité des représentations #JarrêteLeValidisme Saviez-vous que l'acteur Peter Dinklage a hésité avant d'accepter son légendaire rôle de Tyrion Lannister dans Game Of Throne ? Atteint d’achondroplasie, il n'a jamais toléré qu'on le relègue à des rôles archi stéréotypés de nain à barbe, gnome ou leprechaun.Un bel exemple du manque de représentation des personnes handicapées dans le milieu audiovisuel, mais aussi dans le monde des arts en général. Pourtant, cette représentation est essentielle pour les concerné.e.s. Car ce que nous voyons dans les séries, films, clips, œuvres littéraires, graphiques, photos... façonne la vision que nous avons du monde. Les personnes handicapées constituent 20% de la population, or elles sont terriblement sous-représentées. Nous existons, nous faisons partie du monde, nous devons aussi faire partie des œuvres.Récemment, on a pu voir quelques séries aborder le handicap, sans misérabilisme ni voyeurisme :  Speechless, une famille fantasque à la Malcolm, dont l'un des fils est en fauteuil roulant, la websérie française "Simone et moi, une amitié mécanique", ou encore Special sur Netflix : fait et joué par un homme handicapé. Mais surtout, sortez-nous des rôles de personnes handicapées ! Vous n'avez pas besoin de parler de nos handicaps pour nous faire apparaître, parlez plutôt de nous. Montrez-nous comme des passants, amants, parents, travailleurs du sexe, chefs d'entreprise ou punks à chiens. Nous sommes tellement plus que nos seuls handicaps ! On aimerait tellement se voir plus souvent comme simple figurant. Comme élément banal, anecdotique. La belle-sœur du héros est handicapée ? Oui et alors, on ne va pas en faire tout un fromage. Dessinateurs professionnels comme amateurs : quelle part de vos personnages présentent une diversité physique notable ? Savez-vous dessiner une personne amputée, de petite taille, en fauteuil roulant, ou même simplement grosse ? Photographes, travaillez-vous souvent à capturer les lignes poétiques et peu communes d'un corps handicapé ?

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lesdevalideuses - le 15 01 2020

Bonne résolution n°15 Je renouvelle mon stock d'insultes. #JarrêteLeValidisme Ah, les insultes ! S’il y a bien une particularité de la langue française, c’est de regorger d’insultes fleuries que nos pays voisins nous envient. Goujat, tocard, branquignole, gougnafier…  Et pourtant, malgré cette diversité, les insultes tombent le plus souvent dans un registre bassement homophobe, sexiste ou psychophobe. Qui n’a pas déjà entendu « t’es mongole / triso / débile » face à une difficulté à comprendre ou faire quelque chose ? Pourtant ces termes ne sont pas des insultes, mais des réalités, des identités. Utiliser ces termes comme des insultes, c’est laisser entendre que ces handicaps ou maladies sont méprisables et avilissantes. Si l'insulte seule, prise à part, semble inoffensive, le mépris qui en découle, maintes fois répété par de nombreuses personnes, contribue à stigmatiser durablement ces handicaps ou maladies. Il en va de même pour des phrases telles que « le gouvernement est autiste » ou « c’est un système dangereux et schizophrène » dont les médias sont friands. Ces mots n’ont rien à faire là car ils perdent leur sens originel et contribuent à entretenir les stéréotypes. Au passage toutes les insultes homophobes à base de « va te faire enc*ler » ou « PD », c’est non, juste non. Et ne parlons pas des « j’me suis fait violer », beaucoup trop utilisé par les gamers. « On ne peut plus rien dire ! ». Alors, si vous pouvez. Si vous prenez plaisir à consciemment blesser et rabaisser les personnes malades et handicapées, surtout ne changez rien. Autrement, vous pouvez décider d'être imaginatifs dans vos insultes et expressions, de manière à n'insulter que l'objet que votre colère ou mépris. Oui, nous sommes autistes, triso, mongoles, schizo, sourdingues, aveugles, polios, nains, fous, barges, ou débiles mentaux... Ces mots nous définissent, et ne devraient jamais être utilisées comme insultes, même "amicales". Ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit. Les insultes ont toujours existé, continueront toujours à exister. Elles sont utiles, ou du moins cathartiques en de multiples occasions.

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lesdevalideuses - le 14 01 2020

Bonne résolution n° 14 Je cesse d'associer les handicaps et troubles psy à la violence. #JarrêteLeValidisme A chaque fois qu'une personne commet des actes violents envers autrui, il est courant d'entendre : "Non mais il est fou ce gars là ! Il est dérangé, il faudrait l'interner !". La notion de trouble psy est systématiquement associée à une attitude violente et imprévisible. Et cela sert souvent à clore le sujet. Combien de fois, face à un "incident" gênant qu'on voudrait étouffer (spoiler : le suspect est souvent blanc) on balaye le sujet d'un "Oh c'est juste un "déséquilibré", il avait des problèmes psy", sans chercher à comprendre ses motivations ? De fait, nous prenons l'habitude de croire que la violence va de pair avec les troubles psychiatriques ou mentaux, et que les personnes concerné.e.s sont comme des bombes à retardement, susceptibles d'éclater à n'importe quel moment. Pourtant, ces clichés sont bien éloignés de la réalité !  D'après le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la dangerosité psychiatrique, "il existe une surestimation manifeste du risque de comportement violent chez les  personnes souffrant de troubles mentaux." D'après ce rapport, les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont que rarement impliquées dans une violence faite à des tiers : 3 à 5 % seulement des actes violents seraient dus à des personnes souffrant de troubles mentaux. Et, surprise, ces personnes sont plus souvent victimes qu'agresseurs. Quand elles ne sont pas victimes de violences et maltraitances de la part de leur entourage, elles ont tendance à se maltraiter elles-mêmes (mutilation, tentative de suicide, etc.) Cela s'ajoute à un réel manque de prise en charge de ces violences, la parole de ces personnes étant souvent considérée comme moins légitime. Sans surprise, les femmes sont les plus touchées : si 80 % des femmes handicapées subissent des violences au cours de leur vie, plus de la moitié présentent des troubles psychiques.

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lesdevalideuses - le 13 01 2020

Je m'abstiens de suggérer des thérapies alternatives. #JarrêteLeValidisme - Dis-moi, tu as testé l’acupuncture pour tes douleurs ? Je connais un très bon praticien... - Tu es toujours sous anti-dépresseur ? C'est pas naturel quand même, pourquoi tu n'essaies pas la sophrologie à la place ? - Tu as lu cet article sur ce tout nouveau traitement en test au Japon ? Ça part toujours d'un bon sentiment et d'une envie d'aider, mais oui, on a déjà essayé le yoga, les huiles essentielles, et les infusions de sauge. Souvent, les personnes handicapées ont déjà testé à peu près tout ce qui pouvait être susceptible de les soulager et/ou de les guérir. Il ne s'agit pas ici de lancer un débat sur les éventuelles vertus positives des thérapies alternatives ou médecines douces, qui, bien que scientifiquement controversées, peuvent parfois procurer un bien-être appréciable. Placebo ou pas, si ça fonctionne pour vous, tant mieux. Il s'agit de pointer la capacité qu'ont les gens de vouloir à tout prix proposer ces thérapies alternatives aux personnes handicapées ou malades chroniques, avec pour seule base "scientifique" leur propre opinion sur la question. De manière générale, évitez les conseils non sollicités sur le parcours médical, le diagnostic ou le traitement des personnes handicapées, et ce même si vous pensez connaître un peu leur parcours ou leur vécu. Ces conseils répétés peuvent être particulièrement difficiles à vivre pour les personnes concernées. D'autant plus que les vécus diffèrent. Certains malades avec des douleurs chroniques voudront essayer toutes les astuces existantes, du régime sans gluten à la micro kiné. D'autres considérerons que la maladie prend déjà trop de place dans leur vie sans lui en consacrer encore plus. Dans tous les cas, respectez ce choix. C'est leur corps, et leur handicap ou maladie. De surcroît, déconseiller de prendre un médicament prescrit ou en cours d'utilisation peut être dangereux. Les psychotropes et antalgiques notamment ne peuvent être interrompus sans avis médical.

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lesdevalideuses - le 12 01 2020

Bonne résolution n°11 Je ne considère plus les personnes handicapées comme des leçons de vie #JarrêteLeValidisme Parmi tous les clichés validistes que nous subissons, l'image de la personne handicapée oscille souvent entre deux extrêmes. Soit on nous croit incapables, tristes et inintéressants, en un mot : chiants. Soit on nous imagine comme des super-héros du quotidien, toujours souriants, incroyablement courageux et inspirants. Et là aussi, ça coince. Asseyez-vous, faut qu'on cause. Nous imaginer et nous traiter comme des êtres hors-du-commun, des leçons de vie, JUSTE parce qu'on est handicapé.e n'est PAS un compliment. « Faut pas le prendre mal ! C’est sincère, je t’admire vraiment, tu es une personne ex-tra-or-di-naire ! » C'est une chose difficile à comprendre, mais être admiré, complimenté et félicité parce qu'on a réussi à aller chercher du pain / décrocher un diplôme / faire du sport / élever ses enfant... n'est absolument pas flatteur.C'est même assez déstabilisant d’être applaudi pour avoir réalisé des choses parfaitement ordinaires. Vous ne nous en pensiez pas capable ? En réalité, ces compliments nous font sentir à quel point vous nous sous-estimez. Dans la même veine, on a tendance à glorifier des personnalités extraordinaires qui relèvent des exploits sportifs ou changent le monde « malgré leur handicap ». Avec la petite phrase choc qui vous interpelle. “Quelle est votre excuse ?” Ou encore “Le seul handicap dans la vie, c’est une mauvaise attitude”. Et bien oui, il existe des gens extraordinaires parmi les personnes handicapées. Il en existe aussi des déjantés, des cons, des bienveillants, des malhonnêtes, etc. Et vous savez quoi ? Exactement dans la même proportion que dans la population globale ! Nous aussi subissons l’injonction derrière "Quelle est ton excuse ?". Parce que nous ne sommes pas tous capables de ces exploits. En nous supposant une force de caractère et une grandeur d’âme hors-normes, vous faites peser sur nous des attentes beaucoup trop lourdes. Laissez-nous revendiquer le droit à la médiocrité !

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lesdevalideuses - le 10 01 2020

Bonne résolution n°10 10. Je contribue au sous-titrage de mes vidéos Youtube favorites. #JarrêteLeValidisme Vous êtes plutôt Netflix ou Youtube ? L'avantage de Youtube, c'est la gratuité et la diversité des contenus (notamment "amateurs"). Par contre, contrairement à Netflix, les sous-titres c'est pas automatique. Enfin si, justement. Mais ces sous-titres générés automatiquement montrent vite leurs limites lorsque les personnes parlent un peu rapidement, marmonnent ou utilisent des noms propres. En anglais ça fonctionne déjà mieux. Logique, le module a été conçu pour ! Un exemple concret ? Vous avez certainement vu passer la fameuse vidéo d'Inès Reg https://www.youtube.com/watch?v=4g-XbDdTThQ&feature=emb_logo. Maintenant lancez la sans le son, et activez les sous titres automatiques. Oui, c'est beaucoup moins fun d'un coup. On a tendance à l'oublier, mais nos pratiques numériques sont porteuses de sens. A une époque où l'on consomme et partage plus que jamais des contenus audio (on pense aux podcasts, aux story instagram et autres vidéos partagées en masse), les personnes sourdes et malentendants se retrouvent discriminées. Elles sont pourtant près de 6 millions en France, soit environ 9% de la population. La mise en accessibilité des vidéos par ceux qui les produisent devrait donc être la norme. On pourrait rétorquer que regarder des vidéos n'est pas indispensable à une vie équilibrée, mais ce n'est pas le propos. Le sujet, c'est qu'alors que consommer des vidéos est devenu un acte quotidien pour des millions de personnes, les personnes sourdes et malentendantes de tous âges soient bien souvent exclues de ces pratiques sociales. Est-il utile de rappeler que ces vidéos et contenus audio, au delà de leur aspect divertissant, sont aussi source de savoir, de culture et d'ouverture sur le monde ? La bonne nouvelle, c'est que les vidéastes postant sur Youtube peuvent éditer leurs propres sous-titres, et peuvent aussi ouvrir cette possibilité à leur communauté !

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lesdevalideuses - le 09 01 2020

Bonne résolution n°9 Je demande l'accord d'une personne handicapée avant de l'aider à se déplacer. #JarrêteLeValidisme La rue peut être une jungle, entre la foule pressée, le bruit, les véhicules, les trottinettes électriques et autres moyens de transport... Même en bonne santé, le simple fait d'évoluer dans l'espace public peut être une épreuve.Il est donc logique d'imaginer que les choses sont plus difficiles pour les personnes handicapées. Et elles le sont. Mais pas toujours là où le croit... Vouloir aider une personne aveugle ou malvoyante qui semble peiner à circuler part toujours d'un bon sentiment. Hélas, cette aide se traduit souvent par une main inconnue qui attrape le bras sans avertissement, pour aider la personne handicapée à se diriger. Une situation effrayante, qui peut également désorienter. Êtes-vous sur que cette personne était réellement dans l'ennui ? Si elle est dans la rue, c'est qu'elle est autonome et sait trouver son chemin sans aide. Pour le savoir, un seul moyen :lui demander. Il en va de même pour les personnes en fauteuil roulant. Si la personne semble en difficulté mais refuse votre aide, inutile d'insister. Cette aide non sollicitée, en plus d'être déplacée, peut s'avérer dangereuse pour nous si vous nous manipulez d'une mauvaise façon. Peut-être avions nous les mains sur les roues, peut-être sommes-nous très sensibles aux secousses... Il est tellement fréquent que des inconnu.e.s attrapent le fauteuil sans le consentement des personnes handi, que certaines en sont arrivées à placer des bracelets à pics sur les poignées pour un effet dissuasif immédiat.Comme par exemple https://twitter.com/vivreavec_/status/1134814303385718786 (qui a été harcelé et menacé à cause de cette initiative, principalement par des personnes valides). De notre côté, on approuve totalement le coté punk. 🤘 Bien souvent, lors d'une réelle difficulté, l'aide sera acceptée avec plaisir. Mais ces difficultés sont bien moins fréquentes qu'on ne voudrait le croire, et les personnes handicapées souvent plus autonomes que beaucoup ne l'imaginent.

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lesdevalideuses - le 08 01 2020

Bonne résolution n°8 Je répond aux questions des enfants sur le handicap #JarrêteLeValidisme Un doigt pointé vers une personne en fauteuil roulant, et une voix claire qui demande "Dis papa, elle a quoi la dame ?". Peut-être avez-vous déjà assisté à ce genre de situation, et à l'embarras que celle-ci semble susciter chez le parent pris à parti. Parent qui va probablement bafouiller et essayer de changer de sujet le plus vite possible. À cause de sa méconnaissance du sujet, de la peur de mal répondre ou tout simplement de sa propre gêne. Pourtant, comme pour l'homosexualité, le handicap gêne souvent bien plus les adultes que les jeunes enfants, qui ont l'esprit ouvert et sont prêts à accepter toutes les différences sans jugement. Même si parler de ce sujet vous semble gênant, leur faire sentir qu'il s'agit là d'une discussion délicate ou pire, tabou, ne les aidera pas plus tard à se comporter de façon humaine, respectueuse et somme toute "normale", avec les personnes handicapées. Si vous ressentez le besoin de différer la discussion pour prendre le temps de vous renseigner, ou pour choisir les meilleurs mots pour en parler, n'hésitez pas. Mais une réponse doit être donnée à ces questions. La première étape pour en parler est certainement de souligner que les personnes handicapées sont avant tout des personnes, et qu'elles ne se résument pas à leur handicap. Que oui, on peut avoir besoin d'un appareil pour se déplacer ou respirer, ou d'aller souvent à l’hôpital. Que le handicap peut exister dès la naissance, apparaître suite à une maladie ou à un accident. Pouvoir en parler librement, sans gêne, misérabilisme ou condescendance est essentiel. Faites confiance aux enfants pour digérer ces informations, ils n'en deviendront que plus ouverts à la différence et au respect dû à chaque être humain, quelles que soient ses particularités. Quelques livres pour parler du handicap aux enfants https://lesprosdelapetiteenfance.fr/eveil-activites/biblio-enfants/des-livres-pour-parler-du-handicap

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lesdevalideuses - le 07 01 2020

Bonne résolution n°7 Je dis "langue des signes" et non pas "language #JarrêteLeValidisme Langue, langage, c'est la même chose, on chipoterait pas un peu quand même ? C'est ce que vous vous dites probablement en lisant ces lignes. Mais les mots ont un sens, et l'utilisation du bon terme n'est pas anodine. Un langage est un système structuré de signes non verbaux remplissant une fonction de communication (ex : langage gestuel, langage animal) C'est quelque chose de basique et rudimentaire.Tandis qu'une langue, c'est un système de signes vocaux, éventuellement graphiques, propre à une communauté d'individus, qui l'utilisent pour s'exprimer et communiquer entre eux. Une langue possède sa propre grammaire et sa propre syntaxe. Comme le français, l'anglais... Ou la langue des signes ! Il n'existe d'ailleurs pas une seule langue des signes mais plusieurs. L'idée préconçue voudrait que toutes les personnes sourdes parlent la même langue, parce que ce serait tout de même plus logique et plus pratique pour se comprendre, pourquoi il y en aurait-il plusieurs ? Et bien, pour les mêmes raisons qu'il existe des langues différentes dans les différents pays du monde. Tout comme les langues orales, la langue des signes est variée et chargée d'histoire. En français, il existe entre autres la Langue des Signes Française (LSF : Europe/ France) et la Langue des Signes Québécoise (LSQ). En anglais, on peut citer l'American Sign Language ou l'Australian Sign Language. A savoir, La Loi n°2005-102 du 11 février 2005 reconnaît officiellement la (LSF) comme « langue à part entière ». Elle peut même être choisie comme option au Bac, comme n'importe quelle autre langue. Quelques sources pour aller plus loin : Site web Le monde des sourds : https://le-monde-des-sourds.fr/la-langue-des-signes-2/ Vidéo "Pourquoi dit-on Langue des Signes ?" https://youtu.be/24kv4Vmicok La chaine youtube de @MelanieLmst https://www.youtube.com/channel/UCNFhDctkot31eMVV-yqJ2vw

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lesdevalideuses - le 06 01 2020

Bonne résolution n°6 Je m'adresse directement aux personnes handicapées Avez-vous déjà entendu parler des biais comportementaux ? Ce terme recouvre toutes les attitudes que nous adoptons lors d'une situation sociale, comme s'adresser directement aux hommes plutôt qu'aux femmes... Ou aux valides accompagnants les personnes handicapées. Parce que la personne concernée à des soucis d'élocution ou de compréhension, parce que vous êtes mal à l'aise, avez peur de mal dire, mal faire... Pourtant, vos maladresses seront toujours moins blessantes pour une personne handicapée que de se sentir invisible. À moins qu'elle ne délègue expressément la parole à son accompagnant, considérez la comme interlocuteur principal et valable, pour tout ce qui la concerne, quitte à passer par l'écriture, la gestuelle voire l'énonciation de l'alphabet pour obtenir des réponses. Vous pouvez suivre quelques "règles" de politesse pour que la personne à qui vous parlez se sente plus à l'aise. Par exemple, si vous discutez avec une personne en fauteuil roulant, n'hésitez pas à vous asseoir aussi. Cela sera plus agréable pour elle que de devoir lever la tête en permanence pour vous répondre ! Face à une personne qui a des difficultés d'élocution, ne finissez pas ses phrases à sa place et laissez la prendre le temps de s'exprimer. Ne partez pas du principe qu'elle a forcément du mal à comprendre ce qu'il se passe. Si vous n'êtes pas sûr.e de ce qu'elle a dit, reformulez ses propos pour être sur.e d'avoir bien compris. Face à une une personne malentendante, ne criez pas mais veillez à vous placer en face d'elle, et parlez en articulant correctement pour qu'elle puisse lire sur vos lèvres. (N'en faites pas trop !) Face à une personne avec des difficultés cognitives, pensez à utiliser des mots simples et des phrases courtes, et à vous assurer de sa bonne compréhension au fur et à mesure. Enfin, rappelez-vous qu'on a rarement tous ces handicaps à la fois ! Vous pouvez tenir un discours complexe à une personne en fauteuil, et sans crier, merci ! ;-) #JarrêteLeValidisme #Handicap #validisme #feminisme #handifeminisme

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lesdevalideuses - le 05 01 2020

Bonne résolution n°5 Je laisse les places handicapées... Aux personnes handicapées. #JarrêteLeValidisme Oui, même pour 5 minutes, même pour déposer un colis, aller chercher vos cigarettes ou votre enfant à la crèche. Outre le fait de risquer une amende forfaitaire de 135€ (majorée à 375€) en vertu de l’article R417-11 du code de la route, les places handicapées sont spécialement dimensionnées pour qu'une personne puisse en sortir et s'installer sur son fauteuil roulant, et accéder plus rapidement aux enseignes alentours. Utiliser ces places, c'est potentiellement leur compliquer inutilement et égoïstement la vie. Voir même, les mettre en danger en les obligeant à circuler à des endroits non adaptés. Car, même sans fauteuil, on peut se déplacer avec difficulté pour de nombreuses raisons (douleurs chroniques, soucis d'orientation, etc.) Rappel : Le macaron de stationnement n'est pas réservé aux personnes en fauteuil roulant, et il ne vous appartient pas d'interpeller les personnes qui ne vous semblent pas handicapées.Si elles ont un macaron de stationnement, elles sont légitimes à utiliser ces places. Ceci vaut également pour d'autres places réservées aux personnes handicapées, et pas seulement les places de parking ! Par exemple, vous pouvez éviter d'utiliser les toilettes PMR dans les lieux publics et attendre un peu qu'une autre cabine se libère. Pour certaines personnes handicapées, ne pas accéder rapidement à des toilettes peut avoir des conséquences fâcheuses ! Évitez également de vous asseoir sur les places réservées dans les transports, peut être qu'une personne avec handicap n'osera pas prendre la place si quelqu'un l'occupe. Quelques sources pour aller plus loin : Les normes d'une place de parking handicapé https://www.virages.com/Blog/Comment-Realiser-Place-Handicapee Témoignage d'une personne en fauteuil https://capucinebionique.wordpress.com/2018/10/08/tu-prends-ma-place-je-toffre-mon-handicap/ Article "Toilettes pour handicapés : la chasse aux idées reçues !" https://aides-techniques.handicap.fr/a--4385.php

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lesdevalideuses - le 04 01 2020

Bonne résolution n°4 Je cesse de croire que le handicap est forcément visible et identifiable. #JarrêteLeValidisme Quand on pense "handicap", on imagine très généralement une personne en fauteuil roulant. C'est même devenu le symbole international du handicap. Pourtant, en France, on estime à seulement 2% le nombre de personnes handicapées en fauteuil, tandis que 80% des handicaps sont des handicaps dit "invisibles", tels que la surdité, l'autisme, les douleurs chroniques, les troubles psy (bipolarité, schizophrénie, dépression, etc), les troubles cognitifs (dyspraxie, dyslexie, etc)... L'expression "handicap invisible" recouvre donc un large spectre de troubles. "La personne souffrant d’un handicap invisible a souvent des difficultés à se faire reconnaître par les autres comme handicapée. Les situations de handicap sont mal identifiées par son entourage, qui ne comprend pas les difficultés qu’elle peut rencontrer sur des tâches simples." Cependant, il serait faux de croire que les handicaps dit invisibles sont toujours réellement invisibles, car les handicaps cités impactent fortement notre fonctionnement et notre relation aux autres. Il n'y a pas de "profil type" ; on peut être handicapé.e à n'importe quel âge, quelle que soit notre sexe, notre apparence, notre classe sociale, etc. Même si la personne en face de moi a l'air parfaitement valide et en bonne santé, elle peut être handicapée. Ainsi, lorsqu'une personne s'assoie dans un métro bondé, prend l'ascenseur pour un étage, ou demande à passer prioritaire en caisse sans fauteuil ni canne, demandez-vous si cette personne n'est pas simplement handicapée avant d'interpeller ou critiquer ouvertement cette personne. Pour les personnes ayant un handicap dit invisible, il est très difficile de devoir en permanence justifier ledit handicap. Par ailleurs, attention à ne pas opposer handicap visible et invisible, comme deux catégories opposées. L'aspect visible d'un handicap (fauteuil, canne, chien d'assistance, etc) cache souvent des troubles ou handicaps bien "invisibles" (douleurs chroniques, difficultés psy, etc). #feminisme #handifeminisme #validisme #handicapInvisible #Handicap

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lesdevalideuses - le 03 01 2020

Bonne résolution n°3 J'apprends que Handicap & bonheur ne sont pas incompatibles. Il vous est déjà probablement arrivé, que ce soit en débarrassant la table ou en vous occupant de vos enfants, de vous dire "ah, si seulement j'avais un 3ème bras !". Mais vous n'en avez pas, alors vous faites sans. Vous n'êtes pas triste ou déçu.e de ne pas avoir de 3ème bras, vous n'avez juste pas le choix. Et vous passer de 3ème bras n'est du coup absolument pas courageux ou extraordinaire. Félicitations, vous voilà dans la peau d'une personne handicapée ! En effet, nous vivons souvent nos handicaps comme une composante banale de nos vie, au même titre que n'importe quelle autre contrainte ou limitation, et nous n'y pensons pas plus que ça. Le handicap est une différence qui impacte différents aspects de notre vie, mais ce n'est pas forcément une diminution ni une source de malheur en soi. Pourtant il est souvent dépeint comme une malédiction. La société nous ramène constamment à notre état, tout en cherchant à le corriger à tout prix : nous sommes supposés remuer ciel et terre pour entendre, voir, marcher de nouveau, ou encore avoir un cerveau neuro-typique, pour nous rapprocher de la normalité. Et si nous avions d'autres rêves, d'autres priorités ? Bien entendu, il y a parfois la douleur, la fatigue, la difficulté. Nous n'allons pas vous faire croire que le handicap c'est GÉ-NIAL. Mais nous ne sommes pas à réparer à tout prix. Une vie heureuse et épanouie avec un handicap est tout à fait possible, et nous sommes nombreux.ses à pouvoir en témoigner. Ce qui nous pèse souvent le plus, c'est le manque d'accessibilité des lieux et des services, ce sont ces aménagements de postes considérés comme des caprices, ces remarques déplacées sur notre santé ou sur nos projets, l'infantilisation que nous subissons au quotidien... La liste est longue. Alors plutôt que de nous faire rentrer de force dans un moule qui ne nous ressemble pas, que diriez-vous de rendre la société réellement plus inclusive, et ainsi nous faire une véritable place à vos cotés ? #JarrêteLeValidisme #feminisme #handicap #validisme #handifeminisme

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lesdevalideuses - le 02 01 2020

Bonne résolution n°2 J'ecoute ce que les personnes handicapées ont à dire #JarrêteLeValidisme Vous avez vu beaucoup de personnes handicapées parler pour elles-mêmes dans les médias ? Ouais, nous non plus. Le plus souvent, ce sont les médecins et autres spécialistes. Et effectivement, on n'attend pas d’un cancérologue qu’il soit lui-même atteint d’un cancer pour pouvoir traiter du sujet de manière pertinente. Quand ce ne sont pas les soignants, c'est l'entourage qu'on interroge. Quand on parle de handicap, on a donc souvent deux points de vue : l'approche objective et mécanique du sujet via le point de vue médical, et l'approche émotionnelle via l'entourage. Se limiter à ces visions, c'est limiter la compréhension du sujet. Qui d’autre qu’une personne handicapée peut parler le mieux de ce qu’elle vit au quotidien, des messages que la société lui envoie, des limitations que son environnement lui crée ? Bien souvent, une personne handicapée devient, par la force des choses, très instruite sur sa pathologie, connait l'historique complet des examens, traitements ou interventions réalisées. Elle possède souvent une vision claire de sa pathologie, qui lui permet de travailler main dans la main avec les soignants. La parole des personnes handicapées est peu entendue, et peu relayée. Elle a pourtant de la valeur. Il est nécessaire d’apprendre à faire un pas en arrière pour réellement écouter ceux que disent ces personnes, même (et surtout) quand on pense déjà connaître le sujet. Lorsque l’on est pas concerné directement, il est important de savoir passer le micro. En un mot, écoutez nous. Relayez notre parole sur les réseaux sociaux, nos vidéos, nos articles de blog, nos thread twitter. Citez-nous directement, faites connaître nos travaux ou nos réussites. Cette prise de parole est d'autant plus essentielle que de nombreuses personnes handicapées n'y ont pas accès, que ce soit par l’inaccessibilité des lieux, des services numériques, ou du fait de leur institutionnalisation. #feminisme #Validisme #Handicap #Handifeminisme

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lesdevalideuses - le 01 01 2020

Bonne résolution n°1 Je découvre le validisme ! Il est possible qu'en lisant le terme "validisme", vous ayez levé les yeux au ciel et vous êtes demandé quelle nouvelle oppression avait été inventée pour se victimiser. La vérité, c'est que le validisme existe depuis toujours, mais vous ne le connaissez pas, ou peu. La particularité d'une oppression, c'est d'être subie par un groupe de personnes, et si on est en dehors de ce groupe, on peine à voir la réalité de la chose. C'est pourquoi nous nous exprimons aujourd'hui. Alors, c'est quoi exactement ? Le validisme (ou capacitisme) est l'ensemble des préjugés et comportements discriminatoires à l’encontre des personnes porteuses d'un handicap visible ou invisible. Le validisme, à l'échelle de la société, repose sur l'idée qu'une personne handicapée est moins capable qu'une personne valide, que sa vie même a moins de valeur. La psychophobie est une forme particulière de validisme, qui concerne les personnes handicapées mentales, neuroatypiques (Trouble du Spectre Autistique) ou psychoatypiques (bipolaires, schizophrènes...).Le validisme peut prendre la forme d'un rejet plus ou moins direct (exclusion, insultes, peur, manque d'efforts institutionnels) ; on parle alors d'handiphobie. Avoir de bonnes intentions et une attitude a priori bienveillante n'empêche pas de nourrir des attitudes validistes telles que l'héroïsation et/ou l'infantilisation des personnes handicapées, une curiosité déplacée à leur égard, etc. Dans tous les cas, ces comportements peuvent être blessants et dommageables pour nos autonomies. Très (trop) longtemps, les personnes "hors normes" telles que les personnes handicapées ont fait de leur mieux pour s'effacer en s'adaptant à la norme. Mais la tendance s'inverse heureusement, et les minorités se regroupent en communautés pour revendiquer et célébrer leurs différences. Aujourd'hui plus que jamais, il faut déconstruire l'idée selon laquelle seule la norme est enviable et la périphérie misérable. La société est organisée de façon validiste, c'est-à-dire par et pour les valides. Conséquence de cela, nous sommes tous, individuellement, plus ou moins validistes. [1/2]

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